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Article n° 135
La feuille de route de Pflimlin : casser le social à France Télévisions
La feuille de route de Pflimlin : casser le social à France Télévisions ?
Déstabilisation des instances sociales
La méthode est bien connue à France télévisions. Dès que dans une instance les salariés accordent majoritairement leurs suffrages à la CGT, on s’emploie à la déstabiliser.
La méthode est bien connue à France télévisions. Dès que dans une instance les salariés accordent majoritairement leurs suffrages à la CGT, on s’emploie à la déstabiliser. C’est ainsi que les instances de France 3 Méditerranée, France 3 Sud, France 3 PIC, RFO Malakoff, RFO Martinique, RFO Wallis et Futuna, le CCE lui-même, ont été soit contestés, soit liquidés. Le comble est atteint à France 3 Sud où les salariés sont privés de CE et de DP depuis 10 mois pour cause de majorité CGT, leur vote méprisé et ce, dans l’unique but de fausser la majorité au CCE.
La suite c’est l’ordre du jour du CCE du 21 novembre, signé par le numéro 2 du groupe, qui contient en point 11 la désignation d’un cabinet d’avocats « pour introduire une action en justice afin de contester la composition du comité de groupe ». Personne n’est dupe. La seule raison d’être de ce point est de s’en prendre au comité de groupe dont le seul tort aux yeux de la direction est d’avoir une majorité CGT, FO, CFTC.
Le comité de groupe dans le collimateur
Cette fois la direction (qui pouvait parfaitement refuser d’inscrire ce point à l’ordre du jour) vient apporter son concours à la démolition d’un des rares pôles de stabilité restant dans l’édifice social de France télévisions, son comité de groupe. Au delà de l’aspect "immoral" d’une instance de représentation des salariés – le CCE - contestant la légitimité d’une autre instance – le Comité de Groupe - (surréaliste de la part d’élus !), on peut évidemment se demander si cela fait partie des prérogatives légales d’un CCE. On peut aussi se demander quel peut être l’intérêt de M. Pflimlin, Président des 2 instances, de jouer ainsi l’opposition de l’une contre l’autre. La place et le rôle de la CGT à France télévisions seraient-ils à ce point insupportables à la direction ? A travers la déstabilisation du comité de groupe, c’est bien la CGT, combative, porteuse d’un vrai projet pour l’entreprise et ses salariés, qui est visée ainsi que le rempart qu’elle constitue pour la défense des salariés. C’est aussi une certaine conception du dialogue social que l’on entend abandonner.
Une direction qui ne recule devant aucune bassesse
Si l’on ajoute à cette signature l’annonce de la réunion d’un conseil de discipline à l’encontre de Jacques Rivière, délégué syndical CGT de France 3 Vanves, molesté par un cadre alors qu’il s’assurait du respect du droit de grève, on constate que la direction ne recule devant aucune bassesse. Et ce ne sont pas ses communiqués hypocrites, renvoyant les syndicats dos à dos, qui donneront le change.
La CGT de France télévisions ne se laisse pas impressionner par ces provocations qui pourraient parfaitement servir les desseins d’un certain occupant de l’Elysée. Elle va se tourner sans tarder vers les formations politiques pour demander l’abrogation de l’article 13 de la Loi donnant pouvoir au Président de la République de nommer (et dénommer) les PDG de l’audiovisuel public et dont on voit aujourd’hui le résultat. Les ordres viennent de très haut, sur le terrain du social aussi, l’indépendance de France télévisions est gravement mise en cause.
